Tenues et
équipements

LES UNIFORMES

Le justaucorps

Le justaucorps est la pièce du costume militaire la plus importante. Le costume militaire est toujours un dérivé du costume civil. Les soldats de l’infanterie française au 18e siècle porte un justaucorps de gris-blanc, le blanc étant la couleur des rois de France. Cependant, des couleurs différentes apparaissent sur les revers de manches et les parements. Pour les Compagnies franches de la Marine, le bleu de roi est la couleur distinctive; le justaucorps n’a pas de collet rabattu et les boutons sont en laiton. D’autres éléments apparaissent, comme les insignes de sous-officiers : bandes jaunes en brandebourg sur les revers de manche pour les caporaux et galonnés d’or pour les sergents en plus du contour des poches. Le justaucorps constitue le « grand habit ».

La veste, la culotte et les bas

La veste est bleue et portée sous le justaucorps, par-dessus la chemise. Les boutons sont aussi en laiton. La culotte qui se termine sous le genou est aussi bleue de même que les bas. Cet ensemble constitue le « petit habit ». Il est porté en tout temps. La veste des officiers est galonnée or sur le pourtour et sur les poches.

Les guêtres

Les guêtres apparaissent dans l’armée française au début du 18e siècle. Fabriquées de toile, remontant au-dessus du genou et enveloppant le soulier, elles protègent la jambe et empêchent que des corps étrangers n’entrent dans le soulier.

Le tricorne

Le tricorne est le chapeau porté par les militaires. Grand chapeau de feutre noir, il est replié sur trois faces et forme un triangle d’où son nom. Il est bordé d’un galon doré et porte une cocarde sur le côté gauche. La cocarde du tricorne des Troupes de Marine est noire fixée par un bouton en laiton.

La chemise et la cravate

Tous les soldats portent une chemise similaire à celle que tout le monde porte à l’époque. Le col est fermé par une cravate, un long morceau d’un même tissu enroulé et noué une fois autour du cou. La chemise et la cravate des officiers sont plus élégantes et raffinées et sont ornée de dentelles aux manches.

Les souliers

Les souliers des militaires sont tous semblables. Fait de cuir noir, ils étaient fermés par une boucle de laiton. On ne différenciait pas le pied gauche du pied droit et il n’existait que deux grandeurs : petit et grand.

L’ARMEMENT ET L’ÉQUIPEMENT

Le fusil

Le fusil à silex est l’arme règlementaire des troupes françaises dès la fin du 17e siècle. Muni d’une platine à silex, le fusil permettait une mise à feu plus assurée en tout temps. En Nouvelle-France, les Compagnies franches de la Marine ont utilisé principalement les modèles de 1728 et de 1745, fabriqués par les manufactures de Tulle et de Saint-Étienne. Nos soldats utilisent des reproductions du modèle de 1763 fabriqué à Charleville. Le calibre militaire est de .69, calibre supérieur aux fusils de traite.

L’épée

L’épée du soldat au 18e siècle est plus une arme d’apparat que de combat. Elle servira en dernier recours. En Nouvelle-France, porté en ville par les soldats, on les laisse au magasin du roi et on les remplace par une hache beaucoup plus utile lorsque l’on est envoyé en campagne dans les postes de l’ouest.

La baïonnette

Les premières baïonnettes étaient en somme des couteaux que l’on fichait dans le canon. Ainsi l’arme à feu se transforme en une lance. Empêchant le tir, la baïonnette à douille apparait au milieu du 17e siècle. Ainsi, le tir du fusil portant une baïonnette est possible.

Les armes d’hast

Les armées d’Europe abandonne la pique comme arme des fantassins au 17e siècle. Cependant les sergents et les officiers gardent les piques, espontons hallebardes et autres pertuisanes comme symbole de leur statut. Les sergents entre autres utilisent la hallebarde pour aligner la troupe et forcer la marche en avant sur les champs de bataille. Les officiers portent plutôt la pique.

En Nouvelle-France, les sergents et les officiers remplacent peu à peu leurs hallebardes et piques par les fusils lorsqu’ils sont en campagne.

Le hausse-col

Le hausse-col est un vestige de l’armure des chevaliers. Il devient la marque distinctive des officiers qui sont tous à l’époque issus de familles nobles dans toutes les armées d’Europe. En forme de croissant de laiton doré, il porte habituellement l’écu royal et parfois le numéro du régiment.

La giberne ou cartouchière

Le giberne porte la réserve de cartouches du soldat. Attachée à la ceinture avant 1750, elle est portée en bandoulière par la suite. Fabriquée en cuir, elle est dotée d’un bloc de bois percé d’une douzaine de trous ou compartiments retenant les cartouches de papier qui contiennent la poudre noire et une balle de plomb.

Le tambour

Le tambour est plus qu’un instrument de musique militaire. Il sert à marquer le pas de la troupe, accompagne la manœuvre sur le champ de bataille et à transmettre les ordres des officiers. Il rythme la vie quotidienne des soldats du réveil au coucher. On bat la Diane au réveil, l’Assemblée pour les rassemblements, le branle-bas de combat, etc. Ils étaient rassemblés sur les champs de bataille pour en maximiser l’effet.

Le fifre

Le fifre, instrument de musique émettant un son aigu et perçant entendu de loin, est utilisé par les militaires dès la fin du 16e siècle. Le fifre accompagne le tambour en jouant des mélodies et des airs martiaux.

Les couleurs régimentaires

Chaque régiment est doté d’un drapeau distinctif appelés « couleurs ». Il constitue le point de ralliement sur le champ de bataille et doit toujours être porté haut. Il devient pour les troupes ennemies un trophée lorsqu’il est saisi. Chaque régiment est doté d’un drapeau d’ordonnance correspondant à son appartenance royale, toujours blanc, et un drapeau colonel portant les couleurs et symboles distinctifs du régiment. Les Troupes de Marine, organisées en compagnies, n’ont pas de « couleurs » avant 1737 alors que le roi accorde aux compagnies de Brest un drapeau. Écartelé de quartiers rouges et bleus portant une croix blanche sur laquelle figure la devise « Per mare per terras » frappé de la foudre en son centre.

DESCRIPTIF